C'était l'opération dernière chance. Après la débâcle contre la Suède (5-1) qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi en plein tournoi, la Fédération tunisienne avait sorti Hervé Renard de son chapeau. Mission : limiter les dégâts, retrouver de la dignité. Résultat : -8 sur deux matchs supplémentaires et un départ de Los Angeles avec la honte.
Face aux Pays-Bas, la Tunisie a sombré en à peine sept minutes. CSC d'Ellyes Skhiri à la 3e, but de Brobbey à la 7e. Score final : 3-1. Sans jamais donner l'impression de pouvoir exister dans ce match.
Des records, mais pas ceux qu'on veut
Le bilan statistique est brutal. La Tunisie termine cette phase de groupes avec zéro point, une première dans son histoire en Coupe du Monde. Sa différence de buts de -10 est la pire du tournoi, derrière le Qatar, Curaçao et l'Ouzbékistan. Les Aigles de Carthage ont aussi encaissé au moins trois buts lors de quatre matchs consécutifs, du jamais-vu pour eux, et aligné cinq défaites d'affilée toutes compétitions confondues, un record négatif qui remonte à 1987.
Renard, lui, repart avec 75 % de défaites en Coupe du Monde (six revers en huit matchs). Seul l'entraîneur colombien Bolillo Gómez fait pire parmi ceux ayant dirigé autant de rencontres dans le tournoi.
Ce que ça veut dire pour le foot africain
Soyons honnêtes : la Tunisie avait déjà montré des signaux inquiétants bien avant ce Mondial. Mais l'ampleur du désastre 2026 dépasse tout ce qu'on pouvait anticiper. Pour le football africain dans son ensemble, ce tournoi confirme que la présence en phase finale ne suffit plus, il faut arriver avec un projet, une ossature, un sélectionneur stable. Pas une sélection gérée en mode pompier.
La question de la reconstruction tunisienne sera au cœur des prochains mois. Et l'avenir de Renard sur ce banc ? Il semble tenir à un fil, si tant est qu'il existe encore.



