Qualifiée quatre fois en demi-finale des grandes compétitions, jamais titrée. La Belgique de Rudi Garcia arrive au Mondial 2026 avec la question qui hante la nation depuis dix ans : cette génération dorée va-t-elle enfin franchir le cap ? Face à elle, une Égypte galvanisée par Salah, un Iran solide et une Nouvelle-Zélande qui rêve de faire parler d'elle.
Le groupe en détail
La Belgique aborde ce Mondial avec un groupe en fin de cycle mais toujours de grande qualité. Rudi Garcia a misé sur l'expérience : Thibaut Courtois (Real Madrid) dans les buts, Kevin De Bruyne (34 ans, Naples) comme chef d'orchestre, Youri Tielemans (Aston Villa, récent vainqueur de la Ligue Europa) et Axel Witsel (37 ans, Gérone) au milieu. Le cas Lukaku cristallise toutes les questions : meilleur buteur de l'histoire belge avec 89 buts en 124 sélections, il est "guéri mais hors de forme" selon Garcia lui-même, et ne compte que 69 minutes de jeu depuis le début de l'année. Le sélectionneur français a été clair : "Nous avons cinq semaines pour le remettre à niveau." La question : sera-t-il prêt à temps ? Autour des cadres, une nouvelle génération monte : Jérémy Doku (Manchester City), Charles De Ketelaere (Atalanta), Diego Moreira (Strasbourg). Absents notables : Loïs Openda (Juventus) et Mika Godts (Ajax), non retenus. Ce Mondial est peut-être la dernière chance pour une génération qui a tout gagné sauf l'essentiel.
L'Égypte de Hossam Hassan s'appuie sur Mohamed Salah, 33 ans, qui quitte Liverpool après neuf saisons pour une nouvelle aventure. Avec le capitaine, Omar Marmoush (Manchester City) forme un duo offensif redoutable, épaulé par Trezeguet (Al-Ahly) et Ibrahim Adel (Nordsjaelland). Nation la plus titrée du football africain avec sept CAN, l'Égypte n'a pourtant jamais réussi à franchir le premier tour en coupe du monde, un paradoxe qu'elle veut enfin résoudre. Le calendrier lui est favorable : après un choc d'entrée face à la Belgique, elle affrontera la Nouvelle-Zélande puis l'Iran. Si Salah est en forme, les Pharaons peuvent créer la surprise.
L'Iran de Carlos Queiroz est la moins spectaculaire mais la plus organisée des quatre équipes. Mehdi Taremi (Olympiakos, ex-Porto et Inter Milan) porte la charge offensive d'une équipe disciplinée, physique, difficile à manœuvrer. Deux absences pèsent lourd : Sardar Azmoun, figure emblématique, et Ali Gholizadeh, créatif sur les côtés, tous deux forfaits avant le tournoi. L'Iran peut faire des points en comptant sur sa solidité défensive, mais manque d'un créateur capable de faire basculer un match de lui-même.
La Nouvelle-Zélande dispute seulement sa troisième Coupe du Monde (après 1982 et 2010). Les All Whites comptent sur Chris Wood (Newcastle) comme principal finisseur. Leur objectif réaliste : tenir la Belgique dans les limites du raisonnable et repartir dignement. Avec un peu de réussite, un résultat positif face à l'Iran ou l'Égypte n'est pas impossible.
Ce qu'on peut raisonnablement attendre
La Belgique part favorite pour la première place. Si De Bruyne est en forme et Lukaku revient à temps, les Diables Rouges ont la qualité pour dominer ce groupe. La vraie bataille est pour la deuxième place, entre l'Égypte et l'Iran, avec la Nouvelle-Zélande comme joker.
Le match Égypte-Iran du 27 juin à Seattle sera la clé de la qualification. Une victoire égyptienne et les Pharaons accompagnent la Belgique en seizièmes. Une victoire iranienne et tout se complique.
Le match à ne pas manquer du groupe : Belgique-Égypte, le 15 juin à Seattle. De Bruyne contre Salah. Deux légendes en fin de carrière internationale, deux nations qui veulent enfin franchir un cap. Si Salah sort une grande performance d'entrée, le groupe sera lancé dans une autre direction.



